Indonésie : après 48 heures d’angoisse, il retrouve sa femme, emportée par le tsunami

Indonésie : après 48 heures d’angoisse, il retrouve sa femme, emportée par le tsunami

2 octobre 2018 0 Par redactionrdcapbearn

Dewi a erré pendant deux jours avant d’être raccompagnée chez elle.

Finalement, le soulagement. Après avoir passé deux jours à la chercher dans les morgues de fortune et les hôpitaux, dans leur ville de Palu, dévastée vendredi par un fort séisme, Azwan a retrouvé sa femme. Dewi a pourtant été emportée dans le tsunami qui a déferlé sur la localité indonésienne après le tremblement de terre.

Dewi était en train d’enregistrer les invités qui devaient participer à un festival dans un hôtel de plage quand la terre a tremblé. Puis, un mur d’eau est arrivé sur elle. « Une vague est arrivée et m’a frappée fort. Quand j’ai repris conscience, tout d’un coup, j’étais dans la rue devant l’hôtel. Je me rappelle avoir entendu des gens qui criaient tsunami ! tsunami ! », raconte-t-elle à l’AFP.

Ses vêtements étaient déchirés. Elle a erré dans les rues jonchées de débris jusqu’à tomber sur un poste d’évacuation des secours où elle a passé la nuit. Sans nourriture et sans eau, juste une compagnie un peu réconfortante. « On nous a dit d’attendre jusqu’à ce que ce soit sûr, alors que les répliques n’arrêtaient pas ».

«Quand elle est descendue de la moto, c’était l’euphorie»

Alors que la nuit tombait, Azwan, fou d’inquiétude de l’autre côté de la ville, cherchait sa femme. Pendant deux jours, il a sillonné les dispensaires de fortune, les centres médicaux débordés, même les morgues improvisées dans la cour d’un bâtiment encore debout. « Il y avait un nombre astronomique de corps. C’était tellement désordonné, sur la terrasse, dedans, les uns sur les autres ».

Dimanche, alors qu’il s’apprêtait à accepter « la volonté de Dieu », son épouse est apparue au domicile familial à l’arrière d’une moto. Blessée, elle a boité jusque chez elle. « Quand elle est descendue de la moto, c’était l’euphorie », dit-il. « Tout le monde pleurait. Les membres de la famille ont éclaté en sanglots, ils l’ont serrée dans leurs bras ».

« J’étais si heureux, j’étais rempli par l’émotion, Dieu merci, j’ai pu la revoir », a raconté ce fonctionnaire de 38 ans. Dewi, elle, « n’arrive pas à croire » qu’elle est encore en vie.

Le bilan montait ce mardi matin à 1 234 morts.

Avec AFP