Soupçons de violences contre des enfants dans la secte Tabitha’s Place : plusieurs interpellations près de Pau

Dans le cadre d’une nouvelle information judiciaire ouverte en mars dernier, et qui s’ajoute à celle de 2014, les gendarmes ont investi ce mardi matin les locaux de Tabitha’s Place à Sus.

Plusieurs interpellations ont eu lieu mardi 3 décembre à Sus (Pyrénées-Atlantiques) dans la communauté sectaire Tabitha’s Place, soupçonnée notamment de violences envers des mineurs, a-t-on appris auprès du parquet de Pau.

« Le juge d’instruction s’est rendu sur les lieux pour procéder à diverses vérifications, notamment pour de nouveaux faits de violences », a indiqué la procureure de Pau Cécile Gensac, qui s’est également rendue sur place. La République des Pyrénées avait auparavant révélé une opération de gendarmerie débutée dans la matinée dans cette communauté.

« Plusieurs personnes sont actuellement en cours d’explications avec les services de gendarmerie », a ajouté la procureure, précisant que des gardes à vue étaient en cours.

Affaire ouverte en 2014

Une information judiciaire avait été ouverte en 2014 à la suite d’informations données par un ancien adepte de la communauté, suivie par une autre en mars 2019 après un reportage télévisé fin 2018. Les deux procédures ont été jointes, a précisé le parquet.

Dans le cadre de la première information judiciaire, dix personnes avaient été placées en garde à vue en 2015 et des enfants avaient fait l’objet de placement provisoire, lors d’une opération de gendarmerie de grande envergure.

L’enquête portait sur « des faits d’abus de vulnérabilité dans le cadre d’un mouvement à caractère sectaire, des faits de violences sur mineurs concernant les conditions d’éducation, et des faits de travail dissimulé » de Tabitha’s Place, un mouvement religieux installé depuis 1983 à Sus et aussi connu sous le nom d’« Ordre apostolique »« Douze tribus » ou « Ruben and Brothers ».

Déjà des condamnations en 2012

En mars 2002, 19 membres de Tabitha’s Place avaient été condamnés par la cour d’appel de Pau pour « soustraction aux obligations légales des parents », notamment refus de scolarisation et de vaccination de leurs enfants.

En 1997, un enfant de 19 mois y était décédé faute d’alimentation et de soins. Ses parents avaient été condamnés à douze ans de réclusion criminelle.


Author: redactionrdcapbearn

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